Voici 3 articles pour vous tenir au courant de se qui se passe dans les antilles
28 02 2009

Guadeloupe
« Je suis un combattant aux mains nues ! »
AU PEUPLE MOBILISÉ !
mardi 24 février 2009, par Alex Lollia
Nous publions ci-dessous la lettre du membre du LKP, roué de coups par les gendarmes et traité « de sale nègre ». Cette lettre qu’Alex Lollia (membre dirigeant de la CTU) a écrite depuis sa chambre d’hôpital. Il a demandé sa diffusion. (Réd. site : A l’encontre)
Cher(e)s Camarades, du Centre Hospitalier de Pointe-à-Pitre, je vous adresse ces paroles pour vous rassurer sur mon état de santé. Je suis obligé de rester à l’hôpital puisque je souffre de lésions cervicales et de complications cardiaques consécutives à la violence des coups qui m’ont été portés par les forces de police.
Ma date de sortie n’a pas encore été indiquée, mais même si mon corps est atteint, mon esprit reste parfaitement intact et je pense que cette épreuve a encore augmenté ma lucidité et ma détermination. J’étais comme beaucoup d’autres camarades en lutte sur le terrain et notre démarche était pacifique : c’est celle qui a été définie par le L.K.P.
Je suis un combattant aux mains nues !
Or en face de nous, les forces de police n’ont pas hésité à nous agresser sauvagement. Avec des camarades de l’U.G.T.G. et de la C.T.U. [deux organisations syndicales], nous faisions tout pour calmer le jeu et encadrer les manifestants qui étaient pour la première fois venus nous apporter leur soutien. Nous avons vu tomber sur nous une véritable tornade de coups de matraque alors que nous avions déjà quitté les abords de la route nationale. Les « mamblo » (Gendarmes) nous ont pourchassés dans les ruelles de Belle-Plaine et même dans la mangrove, ils n’ont pas abandonné leur traque.
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Guadeloupe
Appel du LKP au mouvement ouvrier
et démocratique international
mardi 24 février 2009
Le gouvernement français ne cesse d’envoyer des forces de répression en Guadeloupe. Le porte-parole du LKP (le collectif Ensemble contre la surexploitation), Elie Domota, déclarait : « Il [le secrétaire d’Etat Yves Jégo parti alors que les Gardes mobiles arrivent] dit que tout est réglé, mais il nous a trompés et le gouvernement ne respecte ni sa parole ni ses engagements. La seule chose qui nous intéresse, c’est la signature de notre préaccord passé avec l’Etat et les patrons le 8 février 2009 ».
Elie Domota, à juste titre, dès mardi affirmait : « Depuis quatre semaines, l’Etat fait venir des charters de gendarmes pour casser du nègre. Je reste ouvert au dialogue, mais aujourd’hui, il a choisi la répression… Jusqu’à présent nous avions contenu la colère des jeunes. Maintenant que les syndicats et des militants ont été frappés, insultés avec des propos racistes, nul ne peut dire ce qui va se passer ». (Libération, 18 février 2009). En 1930, en 1952, en 1967, l’Etat français et ses forces de répression n’ont pas hésité à tuer. Les grands médias font le silence sur les origines historiques et présentes du mouvement massif des travailleurs et travailleuses de Guadeloupe, en parlant « d’émeutes », de « pillages ». Le gouvernement français multiplie les provocations et les déclarations autoritaires – légitimant la répression – comme l’a fait la Ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie. Face à cette montée répressive, le LKP a appelé à la solidarité du mouvement ouvrier international, le 16 février 2009. (Réd site A l’encontre)
Chers camarades, chers amis,
Comme nous le disions dans notre dernier appel du 6 février 2009 : « le patronat et le représentant de l’Etat français jouent le pourrissement du mouvement pour ensuite réprimer. » Ce qui était prévisible est arrivé. Devant l’entêtement et le mépris de ces derniers, le collectif Liannaj Konte Pwofitation – LKP – a appelé, au 28e jour de grève au renforcement des piquets de grève sur le terrain. L’Etat français a réprimé, blessant grièvement un dirigeant syndical, d’autres moins grièvement, et il a procédé à l’arrestation de 70 manifestants, dont des responsables syndicaux du LKP.
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Guadeloupe
Le cahier revendicatif du Collectif
"Ensemble contre la surexploitation" (LKP)
mardi 24 février 2009
Lors d’un entretien, avec une journaliste de Mediapart (quotidien en ligne), le 6 février 2009, Elie Domota, porte-parole du LKP (Lyannaj Kont Pwofitasyon – Collectif ensemble contre la surexploitation) caractérisait ainsi le patronat de Guadeloupe : « Nous avons les chefs d’entreprises les plus réactionnaires de France. Une bonne frange du patronat local vient de la métropole et sont des arrière-petits-fils d’esclavagistes qui pratiquent ouvertement la discrimination raciale à l’embauche. [...] »
Malgré un taux de chômage de 40%, ils continuent de faire venir leur personnel de métropole. L’économie de la Guadeloupe est organisée autour de l’import-distribution aux mains de quatre familles « béké » (descendants des colons blancs antillais), parents entre eux, et tous descendants d’esclavagistes. La famille Hayot (GBH) qui construit et exploite les hypermarchés sous l’enseigne Carrefour est la huitième fortune de France. Ces familles possèdent tout et pratiquent ouvertement une discrimination à l’embauche. Chaque année, environ 1000 hectares de terres agricoles disparaissent au profit de hangars ou d’entrepôts pour ces grands groupes.
De plus, la canne à sucre et la banane sont des produits d’exportation, loin de pouvoir remplir les besoins alimentaires de la population. La colonie est là pour servir la métropole. La canne à sucre n’est même pas raffinée sur l’île mais à la métropole d’où elle est ensuite réexpédiée et revendue aux Guadeloupéens.
Les lois de défiscalisation et d’exonération, qui n’ont eu que des conséquences négatives sur l’emploi, ne sont ni plus ni moins qu’un blanchiment légal d’argent. Sans compter les hôtels qui ouvrent et qui ferment juste pour que les grosses fortunes puissent bénéficier de remises fiscales et qui ont coûté 1500 emplois à la région en dix ans.
Comble de l’absurde, il existe un projet de circuit automobile financé par le Qatar et les Emirats arabes unis pour construire ce circuit sur un terrain agricole.
Soyons sérieux. Plusieurs personnalités politiques ont fait part de leur intention de relancer le débat sur une assemblée unique, mais ce n’est pas le changement de statut de l’île qui réduira les problèmes des Guadeloupéens. Il faut remettre à plat les choix désastreux qui ont été faits par le passé et qui ont consolidé la structure coloniale de la Guadeloupe. »
C’est à la lumière de ce constat sur la structure du pouvoir et de la propriété régnant en Guadeloupe et issue, de fait, de la période esclavagiste qu’il faut lire le « cahier de revendication du LKP » que nous publions ci-dessous. Un rappel : la Guadeloupe compte quelque 450,000 habitants, possède un indice de fécondité de 2,11 ; elle importait (douanes) en 2005 pour un montant de 2,6 milliards d’euros et exportait (douanes) pour un montant de 192 millions ! (Réd.site : A l’encontre))
1 - NIVEAU ET CONDITIONS DE VIE
Un relèvement immédiat et conséquent d’au moins 200 €, des bas salaires, des retraites et des minimums sociaux afin de relancer le pouvoir d’achat, de soutenir la consommation des produits guadeloupéens et plus généralement la demande. • Le relèvement immédiat du SMIC, des salaires du secteur privé, des traitements de la fonction publique, du minimum vieillesse, des minimums sociaux. • Un salaire minimum guadeloupéen calculé sur le coût réel de la vie en Guadeloupe. • Création d’un bureau d’études ouvrières, chargé de calculer l’évolution des prix des produits réellement consommés par les travailleurs. • Réductions d’impôts fondées sur la justice fiscale. • Baisse significative de toutes les taxes et marges sur les produits de première nécessité et sur les transports. • Baisse des taux de la taxe sur les carburants. • Suppression de la taxation des produits locaux.
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Publié par : Sergio De Rosemont à 11:51:43Permalien
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Catégories : Côté international


